QUI VA GARDER LES ENFANTS?

Dès le début de ma grossesse, mes amis-déjà-parents m’ont rapidement fait entrer dans le monde merveilleux du « c’est qui-qui-va le garder, ce bébé? »

 » – T’as déjà fais passé des entretiens à des nounous? T’as déposé ton dossier en mairie pour la crèche?

– Euh, bah non! On va déjà passer l’écho morpho, le test de la trisomie et acheter une poussette…je verrai ça plus tard, non? »

A ce moment, j’imaginais naïvement qu’une fois mon congé maternité fini, une belle crèche gérée par l’État et payée par nos impôts ouvrirait ses portes à ma mioche, pour que je puisse sereinement retourner à l’atelier. Meredith aux pays des Bisounours!

Au 6ème mois de grossesse, je rencontre la responsable de la PAIPE (Point d’accueil Inscription Petite Enfance) de mon arrondissement. Pour les non-intitiés, les places en crèche ne se gèrent pas directement avec les établissements mais avec la mairie de son domicile ou de son lieu de travail. Je remplis le dossier et regroupe les pièces nécessaires.

La nana est compétente, avenante. Elle m’explique le fonctionnement des « commissions » qui examinent les demandes et attribuent les places. À la fin de l’entretien, elle me conseille texto de de « ratisser large« .

« -Ah bon?

– Ah oui, pour la commision de juin, il y a en moyenne 150 demandes pour 5 places. Et vu votre profil, je pense pas que vous soyez prioritaire.

– Pardon? 5 places pour 150 demandes? Et pour les 145 enfants restants, qu’est ce vous proposez? Et ça veut dire quoi pas prioritaire?

– Le mieux est de retirer la liste des assistantes maternelles de votre arrondissement à la PMI. Sinon, vous pouvez toujours envisager de prendre un congé parental, non? »

Un congé parental. Bien, réfléchissons:

– Monsieur K et moi sommes tous les deux salariés dans des agences d’architecture.

– On gagne pas trop mal notre vie MAIS on a quand même un sacré emprunt sur le dos avec notre appartement.

– Comme on est un couple moderne, on contribue à parts égales à toutes les dépenses du foyer.

– En prenant un congé parental, je fais une croix sur mon salaire pour une indemnité d’environ 600 euros, ce qui représente peanuts par rapport à mon salaire.

Donc NON, je ne veux pas, mais surtout, je ne PEUX pas opter pour cette option.

Je file donc à la PMI (Protection Maternelle et Infantile) qui me fournit la liste des assistantes maternelles agrées de mon arrondissement. Je procède par élimination, me préparant toutefois à faire passer des dizaines d’entretiens. J’élimine :

– celles qui sont trop éloignées géographiquement,

– celles qui ne gardent des enfants qu’à partir de 2 ans,

– celles qui ne font que du périscolaire

– celles qui ne bossent pas le mercredi parce qu’elles gardent leurs enfants.

Il me reste une quinzaine de noms. Je dois retourner bosser fin juin, donc autant dire que la période n’est pas propice: après 15 coups de téléphone, il me reste UN nom. UN entretien. UNE chance incroyable. Une nounou géniale qui prendra soin de notre fille durant sa première année.

MAIS QUELQUES MOIS PLUS TARD, C’EST LE DRAME!

Non, je déconne! Pas de drame mais un gros changement de situation : Monsieur K se met à son compte. On sait que notre situation financière va être compliquée, qu’on va perdre notre triple A et que le chèque de la nounou va être difficile à remplir!

On repose donc un dossier pour une place à plein temps en crèche. Pour mettre toutes les chances de notre coté, on inscrit Jeanne en mi-temps dans une crèche à proximité de la maison, où elle passe ses matinées. Pour les après-midi, c’est un peu la galère. On gère ça avec les grands-parents, je prends des demies journées de congés pour la garder, on fait appelle à une étudiante qui nous dépanne… Et on attend, fébrilement le retour de chaque commission.

Il y a quelques semaines, alors que je récupère Jeanne à la crèche, la directrice m’attend avec un grand sourire:

« Nous nous sommes réunis hier en commission et j’ai le plaisir de vous annoncer que Jeanne a maintenant une place à temps plein chez nous! « 

Je ne vous cache pas que j’ai eu beaucoup de mal à contenir ma surprise et ma joie. Je me suis retrouvé avec les larmes aux yeux et l’envie d’embrasser mon auguste messagère!

Elle m’aurait annoncé que j’avais remporté l’Euromilions ou bien que mon nouveau rein était arrivé, je n’aurais pas été plus heureuse! (Non, j’ai pas besoin d’un rein, c’est juste pour la comparaison, ok?)

Alors j’ai repensé à cette campagne lancée par Osez le féminisme, intitulée « Qui va garder les enfants? », où l’on apprend que seulement 1 enfant sur 10 a droit à une place en crèche. J’ai aussi repensé à l’action de notre gouvernement qui souhaite ouvrir les écoles maternelles aux enfants de moins de deux ans, en me demandant si la solution était la bonne (je vous laisse vous faire un avis ici).

Pour info, Jeanne a réussi à avoir cette place suite au déménagement d’une autre enfant. La fameuse commission qui lui a accordé cette place examinait ce jour là 270 demandes pour 15 places disponibles. Alors oui, nous avons vraiment gagné à la loterie! 

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