LES JEUDIS DE L’ARCHITECTURE (où l’on parle de caca)

Oui, vous allez me dire qu’on est mardi, mais l’épisode suivant s’est déroulé jeudi dernier.

Donc jeudi dernier, 11 heures, réunion au sommet. Attention.

Mon patron est convoqué par un expert dans le cadre d’un sinistre qui s’est produit dans un centre hospitalier que nous avons livré l’année dernière.

Bien sûr, c’est moi qu’on envoie pour gérer l‘Affaire.

Objet du sinistre: Les toilettes du 1er niveau sont constamment bouchées et débordent… Ça s’annonce bien.

Grosso modo ( ou grosso merdo haha! ), les canalisations ( les gros tubes en plastique gris, vous visualisez? ) passent dans une zone enterrée pour rejoindre le réseau d’assainissement. Au moment d’enfouir ces canalisations, le maçon ( qui a mis la clé sous la porte depuis ) est censé les noyer dans un lit de sable afin que la terre et les cailloux qu’on va balancer dessus ne les endommagent pas. Je dis censé parce qu’apparemment, il était pas au courant.

Je me retrouve donc autour d’une table avec le client, l’expert mandaté par l’assurance et l’ingénieur fluides pour examiner en détail les clichés du rapport de l’inspection télévisuel des réseaux d’assainissement réalisé par Véolia. En un mot,  une ( gloups!) endoscopie du bâtiment.

Je vous laisse imaginer . Ou pas. A 11H et à jeun, croyez-moi, vous avez intérêt à respirer profondément. J’ai pensé un instant utiliser les toilettes pour aller vomir, mais malheureusement elles étaient bouchées…

Ce haut-le-coeur a provoqué soudainement un éclair de lucidité dans mon esprit de jeune architecte: pour concevoir un projet, on se concentre sur des concepts, on parle de qualité d’espace, on cherche « le  jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière », comme dirait l’autre… Mais après ça, on ne peut  pas passer à coté de certains aspects bien plus triviaux de la future vie du bâtiment.

J’ai quitté la réunion avec une petite pensée pour un de mes professeurs de deuxième année qui nous répétait que pour être un bon architecte, il était primordial de bien gérer les tuyaux à caca! Invariablement, on fronçait les sourcils avec un air dégoûté  et dédaigneux, genre : « L’architecte est quand même bien au dessus de ça non? ». Aujourd’hui, je réalise que son conseil était  certes moins poétique que l’adage de notre ami et dieu Le Corbusier, mais précieux quand même.

(Pour des raisons évidentes, ce billet n’est pas illustré)

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5 réflexions sur “LES JEUDIS DE L’ARCHITECTURE (où l’on parle de caca)

  1. moi on m’avait appris…
    – pour l’eau… euh… comment dire… « solide »… le plus simple c’est le chemin vertical… BIEN vertical !

    CQ (cul) FD !

    uh uh uh

    et comment tu t’es dermerdée (ah ah ah comme on est drôle !!!) du coup ?

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