LA FAMILLE PAMPERS



Ô Joie !

Ce matin j’ai découvert dans mon courrier un pli de Monsieur Pampers. Ne me demandez pas comment il a pu savoir où je vivais, JE N’EN SAIS RIEN! J’imagine qu’en remplissant je ne sais quel formulaire d’inscription sur le net, j’ai zappé la petite case je-refuse-que-mon-adresse-soit-communiquée-à-des-tiers-à-des-fins-commerciales. 
Soit.

En tout cas, il est bien informé. Outre mon adresse, il connaît l’âge de ma fille puisque, bienveillant, il m’offre des échantillons (des couches, en somme) à sa taille avec les bons de réductions qui vont avec. Et vu le prix des couches, je vais pas dire non!
Mais entre nous, il aurait pu (et aurait dû) s’arrêter là, Monsieur Pampers.
Je dis ça parce ce qu’au fond de l’enveloppe, j’ai dégoté le magazine de la marque: Village Pampers. 
Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager ce grand moment de lecture. Attention quand même, ça pique les yeux!
Première réaction:
« Oh, mon dieu… tous ces enfants sans père! quelle tristesse! »
Eh oui, ce qui vous frappe immédiatement c’est que la famille Pampers est composée uniquement d’un bébé et de sa maman. Le reste n’existe pas, ou plus. 
Village Pampers est donc entièrement rédigé à l’attention des mamans, dans un français vraiment très simple, comme si toutes ces mamans étaient très idiotes. C’est d’ailleurs pour cela qu’en page 4 par exemple, Monsieur Pampers nous donne la définition de l’expression capacités motrices…
« Hum… c’est vrai qu’à moins d’être psychomotricienne, hein?… »


Bon, pour faire court, (le niveau d’interêt de ce machin vaut pas la peine qu’on y passe des heures) Village Pampers est là pour aider toutes les mamans à affronter la dure réalité, une fois sorties de leur bulle maternité. Et c’est vrai que les attaques surgissent de toutes parts… Il  y a d’abord les kilos en trop, qu’on peut faire fuir en pratiquant cette nouvelle activité qu’est la poussette sportive, (Ah non, déception, moi je peux pas, j’ai pas de freins à disque sur mon modèle City…) et puis surtout, SURTOUT, le travail et ses grands méchants patrons, incompatibles avec l’élevage de mioches:
L’article en page 12 fait le point sur le dilemme travail/enfants. Monsieur Pampers nous demande de ne pas oublier que le travail est nécessaire pour nourrir sa petite famille et qu’on peut parfois y trouver une satisfaction personnelle, qui permet de se sentir un meilleur parent! Hum…je vous laisse cogiter là dessus, ok? Il termine même par ce conseil avisé: pourquoi pas un temps partiel, chères mamans? 
« Allez les filles…A la maison! couches culottes et popotte! »


La page suivante, je pense un instant avoir été de mauvaise foi en apercevant la photo d’un papa soulevant un bébé tout aussi souriant que lui dans les airs (on suppose que c’est son père). Soulagement de courte durée, je l’avoue. Cet unique article consacré aux pères nous dévoile (grosse investigation en perspective) pourquoi les papas préfèrent les jeux agités avec bébé, genre bébé fait l’avion ou poussette Ferrari. La principale raison : les mamans n’ont pas les possibilités physiques nécessaires à ces jeux dits agités, donc le papa prend le relais. Rien d’autre qu’une roue de secours, un substitut, ce pauvre papa. 
On l’invite quand même à s’inscrire, sur le site web de la marque, au Club des papas.
 » Un club des papas? Tiens, c’est bizarre, j’ai jamais demandé à Monsieur K s’il avait sa carte de membre pour participer à la vie du binome maman-bébé que je forme avec le puçeron… »

Je critique, mais je comprends sans mal les intérêts commerciaux d’une telle publication et l’indispensable besoin de coller au consommateur type, qui dans  le cas de Monsieur Pampers, est une consommatrice. Parce que oui, c’est vrai, les chiffres sont là : Les femmes sont encore une majorité à élever les enfants, accomplir les tâches ménagères. Rare encore sont les pères qui peuvent ou veulent prendre un congé parental. Mais les choses sont en train de changer et je trouverais intéressant qu’une marque de cette envergure suive le mouvement et participe à ce changement en arrêtant de véhiculer cette image rétrograde de la famille et de son organisation quotidienne.
Ah tenez, un dernier truc: j’ai l’air drôle avec mon Monsieur Pampers par ci, Monsieur Pampers par là…. l’édito  (oui, oui, y a un édito!) est signé par une femme! Une certaine Anne B. , Madame Pampers!

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