REZ-DE-CHAUSSÉ DÉCOMPLEXÉ


Lorsque qu’avec Monsieur K nous nous sommes mis à la recherche d’un appartement à acheter, nos critères étaient clairs : une grande surface pas chère, en centre ville, avec beaucoup de travaux à prévoir, histoire de tout agencer à notre manière. 

Facile, non?



On s’est vite rendu compte que si on voulait atteindre cet objectif, il fallait :
1-  Avoir énormément de chance.
2-  Se montrer patient.
3- Ne pas chercher un appartement mais un local commercial désaffecté à transformer.. et donc, décider de vivre en rez-de-chaussée.

Nous avons dégoté une vieille carrosserie. Un changement de destination et plusieurs mois … non, années de travaux plus tard, on y est!

Au moment de cet achat, on ne s’est pas vraiment demandé si la vie d’un rez-de-chaussée nous conviendrait. Un récent séjour à Amsterdam nous avait montré à quel point ce mode de vie pouvait être naturel et agréable.
C’est donc une sorte de non-choix, une évidence que l’on assume aujourd’hui pleinement, mais que l’on sait rédhibitoire pour beaucoup de nos proches.


C’est vrai qu’il faut assumer cette proximité avec la rue, le passant.


C’est vrai qu’on ne se déconnecte jamais vraiment du dehors, alors même qu’on est chez soi.


…Et c’est vrai qu’il faut accepter d’être tour à tour spectateurs et acteurs!

Spectateurs de la vie urbaine qui se joue en continue à l’extérieur: 

Des bribes de conversations des passants…
    « Mais oui, il a refusé de l’inviter ce salaud! Je te dis qu’un jour il le regrettera, c’est…
…au voisin qui gare sa caisse « à l’oreille »…
     Bam, pare choc avant, Boum, pare choc arrière, et comme on a de la chance, c’est sûrement la voiture de Monsieur K. qu’il est en train de défoncer!
…en passant par le clochard du quartier qui vient finir sa bière sur le pas de ta porte.


Et puis souvent acteurs de notre quotidien, le soir, quand les lumières de l’appartement transforment nos fenêtres en  cadres de scène.
     « Ce soir, en avant première: CAROTTE CARNAGE, avec dans le rôle principal, Jeanne et son petit pot maléfique… »
Si la plupart des passants jettent un oeil à l’intérieur sans ralentir le pas, certains n’hésitent pas à coller le visage aux fenêtres, la main en casquette au dessus des yeux plissés.
     « Et ne ratez surtout pas, demain soir, la rediffusion de MONSIEUR K. CUISINE DU CANARD. »


Je sais qu’un jour on se lassera et qu’on rêvera d’une maison isolée à la campagne. On ne supportera plus ni le bruit, ni la pollution et nos voisins nous sortiront pas les yeux. Et avant même de se cacher derrière des voilages, des films plastiques ou des rideaux de fer, on partira. 


Mais pour le moment, la petite maman qui découvre en rentrant du travail sa petite puce et son papa jouer les commères sur le pas de la porte de la carrosserie, au milieu des passants… et bien cette petite maman y trouve son bonheur, dans son rez-de-chaussée.
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2 réflexions sur “REZ-DE-CHAUSSÉ DÉCOMPLEXÉ

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