« LA FEMME PEUT-ELLE MONTER SUR UNE ECHELLE ? »

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La môme a bientôt 4 ans, elle vient d’entrer en petite section. La semaine dernière, pendant le dîner, elle nous explique que plus tard elle voudrait être infirmière, « pour aider les médecins » .

Je n’ai évidemment rien contre ce souhait, (et n’émettrai jamais de réserve quant aux choix professionnels de mes enfants), mais simplement pour que les choses soient claires, son père et moi lui expliquons que si elle le désire, elle pourra aussi être médecin.

Réponse désabusée de l’intéressée : « Bah non j’ai pas le droit, c’est pour les garçons ! »

BIM BAM BOUM ! À ce moment là, mon moi féministe a très, très envie de se pendre !

Vous pouvez brandir l’étendard de l’universalisme républicain (lu sur Facebook !), crier à l’essentialisme ou n’importe quel terme chiant en -isme : cette d’anecdote fait que je ne peux que me réjouir de l’organisation d’une seconde édition du Prix des femmes architectes.

Certains diront évidemment que c’est une belle connerie de récompenser une femme parce qu’elle est une femme. L’année dernière, certains s’offusquaient déjà de la création de ce prix par l’ARHVA et demandaient, goguenards, à quand un prix pour les architectes noirs, les architectes juifs, les architectes handicapés. Une histoire de minorités, en somme.

Le souci, c’est que les femmes ne sont pas une minorité. Non, je vous jure. Il parait même qu’en France, les femmes représentent pas loin de 60 % de la population active. Je dis ça, je dis rien, comme dirait l’autre.

Et pourtant, combien de Pritzker Prize (c’est un peu le prix Nobel d’architecture ) ou de Grands prix de l’Architecture décernés à des femmes ?  Peu. Trop peu. Vous l’imaginez bien. (1)

Aujourd’hui, les écoles d’architectures françaises dénombrent plus de filles que de garçons et le taux de nouvelles inscrites à l’Ordre des Architectes est en hausse. Malgré cela, elles ne représentent encore que 25% du tableau de l’Ordre. À croire qu’un énorme trou noir englouti les jeunes diplômées.

Je sais que les choses évoluent. Lentement mais sûrement. Je sais que la féminisation de la profession correspond à un élargissement du champ d’action de l’architecte. Que les femmes se lancent plutôt dans le salariat que l’entreprenariat parfois simplement parce que si elles veulent des mômes, c’est plus simple à gérer. J’espère que dans 10  ou 15 ans ce Prix des femmes architectes n’aura plus lieu d’être. Ce jour là les femmes seront véritablement  représentatives dans le panorama architectural français. Mais en attendant, mettons  en avant des femmes comme Renée Gailhoustet, Odile Decq, Anne Lacaton, Camille Besuelle, Nathalie Couineau, Mathilde Jauvin, Françoise-Hélène Jourda, Jocelyne Behrend ou Manuelle Gautrand. Offrons aux petites filles des modèles de femmes capables de monter sur une échelle !

Pour finir, je vous conseille vivement la lecture de ce texte d’Olivier Chadoin sur la féminisation de la profession d’architecte, où j’ai dégoté le titre de ce billet !

Bises féministes.

(1) Pritzker Prize : Zaha Hadid, lauréate en 2004, Kazuyo Sejima en 2012 soit deux femmes en 36 éditions // Grand prix de l’Architecture : Anne Lacaton, en 2008, soit une femme en 26 éditions.

PÉRIPLE NORD AMERICAIN 14/31

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« Boston Strong », everywhere!

Le slogan patriotique « Boston Strong » est omniprésent dans la ville et fait référence aux attentats du marathon survenus le 15 avril 2013. Deux déflagrations à treize secondes d’intervalle qui ont causé la mort de 3 personnes et en ont blessé 264 autres.

On le trouve même sur ces étroites tours de béton armé, qui ne sont autre… que les cages d’ascenseurs et d’escaliers des futurs buildings!