Les femmes architectes méritent une reconnaissance similaire à celle de leurs homologues masculins. La contribution de Denise Scott Brown a été indispensable à la réussite de son associé Robert Venturi, lauréat du prix Pritzker en 1991. Cette reconnaissance, sans aucun doute méritée et que le comité du Prix Pritzker lui a refusée est un oubli déplorable.
Nous exigeons que le prix Priztker soit rétroactivement attribué à Denise Scott Brown pour son travail.
Brown a oeuvré plus de 22 ans au coté de Robert Venturi. Elle a joué un rôle essentiel dans l’évolution des théories et des réalisations de l’agence. Elle est la co-auteure, entre autre, de "Learning from Las Vegas"
Néanmoins, son statut "d’épouse" semble l’avoir emporté sur son statut "d’associée" lors de la nomination de Robert Venturi.
Pour que l’égalité hommes / femmes devienne réalité, vous devons corriger les erreurs du passé. Aidez-nous a changer l’Histoire en exigeant une reconnaissance égale pour un travail égal.
Voilà le contenu de la pétition lancée par Women in Design qui sera adressée sous peu à Martha Thorne, la présidente de la prestigieuse récompense.
En admettant que la demande de Women in Design soit acceptée, Denise Scott Brown sera la troisième femme à recevoir le Pritzker, après Zaha Hadid (2004) et Kazuyo Sejima (2010).
À croire qu’au siècle dernier, (encore si proche de nous) il était impensable qu’une femme dans une agence d’architecture fasse autre chose que le café, les photocopies et dans le cas de Denise Scott Brown, dessine au propre les esquisses de son talentueux mari. Ok, j’exagère peut-être, mais je suis persuadée qu’aujourd’hui, la reconnaissance des femmes architectes est un enjeu essentiel de notre profession. Un Pritker, un Grand prix national d’architecture ou une Équerre d’argent : ces récompenses envoient forcément des signaux forts. D’abord aux maitrises d’ouvrages (c’est à dire nos clients), mais également à la profession elle-même et sa relève : comment les jeunes architectes femmes pourraient elles se projeter avec confiance dans un milieu qui ne met en avant que des hommes? Oui, je sais, les choses bougent et quelques noms féminins arrivent sur le devant de la scène, mais il y a encore beaucoup de travail et d’efforts à fournir. Car si aujourd’hui les étudiantes sont majoritaires dans les écoles d’architecture françaises, elles ne représentent encore que 24% des inscrites à l’Ordre. Sans imaginer réclamer des quotas en maîtrise d’oeuvre pour les marchés publics, il serait bon de s’interroger sur les choix de carrières des femmes.
Première petite suggestion (plutôt d’ordre symbolique que pratique) à notre ministère de la Culture : Attribuer le prochain Grand prix national d’architecture à Renée Gailhoustet, née en 1929 et qui a consacré une grande partie de son travail au logement social. Elle s’est notamment illustrée dans les années 70 avec la refonte urbaine d’Ivry-sur-Seine, projet qui a permis à Jean Renaudie, son compagnon de l’époque, d’accéder à ses premières commandes publiques et de réaliser plusieurs opérations de logements significatives pour la municipalité (communiste, bien sûre!). Notons que Jean Renaudie a reçu en 1978 ce fameux grand prix, pour l’ensemble de son oeuvre!
Quelques liens intéressants :
- Un entretien avec Robert Venturi et Denise Scott Brown sur Archdaily
- Les lauréats du prix Pritzker
- Portait et réalisations de Renée Gailhoustet
- L’Abeille et l’Architecte voudrait aussi que Renée Gailhoustet soit récompensée!






